à retenir
L'hyponomeute est la chenille d'un petit papillon nocturne du genre Yponomeuta, souvent appelé teigne ou « papillon hermine » à cause de ses ailes blanches mouchetées de points noirs.
Sa signature est impossible à confondre : les chenilles, grégaires, tissent ensemble de vastes toiles de soie qui recouvrent entièrement une branche, un arbuste, parfois une haie complète. On croit à une invasion d'araignées ou de chenilles processionnaires — ce n'en est pas. L'hyponomeute n'est ni urticante, ni dangereuse.
Ses caractéristiques
- La chenille est jaune pâle à gris-vert, ponctuée de points noirs bien alignés, avec la tête noire. Elle mesure 1 à 2 cm.
- Chaque espèce d'hyponomeute est inféodée à une plante hôte précise : le fusain, le pommier, le prunier, l'aubépine, le saule, le cerisier à grappes…
- L'adulte est un papillon nocturne blanc satiné parsemé de fins points noirs.
Le cycle : les chenilles apparaissent au printemps (mai-juin), vivent et se nourrissent en colonie sous une toile commune qu'elles agrandissent au fur et à mesure. Elles s'y nymphosent, puis les papillons émergent en été et pondent pour l'année suivante.
Signes de présence chez moi
- De grandes toiles blanches soyeuses enveloppant les branches, tout ou partie d'un arbuste ou d'une haie.
- À l'intérieur de la toile, des grappes de petites chenilles qui bougent ensemble.
- Le feuillage sous la toile est grignoté, puis totalement défolié : l'arbuste peut se retrouver entièrement nu et « fantomatique » en quelques jours.
La confusion la plus fréquente se fait avec la chenille processionnaire ou avec des nids d'araignées. La différence : l'hyponomeute forme une nappe de soie lâche et enveloppante sur le feuillage, là où la processionnaire fait un nid dense et compact sur pin ou chêne.
Risques d'y être exposé
L'hyponomeute n'est pas urticante et ne présente aucun danger pour l'homme, les animaux domestiques ou d'élevage. Contrairement aux [chenilles processionnaires](/identifier-et-comprendre-mon-nuisible/chenilles-processionnaires/la-chenille-processionnaire-du-chene/), on peut l'approcher sans risque.
Le préjudice est esthétique et végétal : défoliation spectaculaire, arbustes recouverts de soie disgracieuse, haies décoratives ravagées. Dans la grande majorité des cas, la plante hôte reconstitue son feuillage plus tard dans la saison. Le choc est surtout visuel — mais sur une haie de fusain taillée ou un verger d'ornement, l'effet est vraiment désagréable.
Actions d'éradication
Sur un sujet vigoureux, l'infestation est souvent bénigne et l'arbuste repart seul. Quand l'atteinte est massive, sur une haie visible ou un arbre auquel vous tenez, plusieurs solutions :
- Retrait mécanique des toiles et des colonies (à la main gantée, à l'échenilloir ou à l'aspirateur pour les petits sujets), puis destruction — jamais au compost.
- Taille des rameaux les plus atteints.
- Pulvérisation de Bacillus thuringiensis : la même bactérie bio que pour les chenilles processionnaires, insecticide pour les chenilles mais sans danger pour les animaux, les oiseaux, les insectes utiles et les végétaux. C'est la solution la plus propre pour une haie ou un arbre entier.
Prévention
- Surveiller au printemps les hôtes favoris (fusains, fruitiers, aubépines) : plus on intervient tôt, sur de petites toiles, plus c'est simple.
- Retirer les premières colonies dès leur apparition, avant qu'elles ne s'étendent à toute la haie.
- Sur les sujets régulièrement touchés, un traitement préventif au Bacillus thuringiensis au bon moment casse le cycle.
Un doute entre hyponomeute, processionnaire et pyrale du buis ? [On vient identifier sur place](/contact/) et on vous dit s'il faut traiter — ou simplement patienter.